Mon expérience avec MARAS – Paul WIRTH

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30 juillet 2015

Paul WIRTH est volontaire des Focolari à MULHOUSE.

Maras , Chiara, Don Foresi - Loppiano 1969

Maras , Chiara, Don Foresi, Lionello, Renata – Loppiano 1969

Lorsque j’ai connu le Mouvement des Focolari, en 1966, Maras (Alfredo Zirondoli), était responsable de la zone française. Je ne l’ai jamais rencontré en France mais j’ai eu écho de tout le bien qu’on en disait.

C’est à Loppiano que j’ai fait sa connaissance. C’était en octobre 1970 lors de mon arrivée pour une formation qui allait durer deux ans.

Les premiers mois à Loppiano ont été durs. J’avais l’impression d’être comme sous une cloche, trop protégé par rapport à la société.

Mon besoin de contact avec l’extérieur fut l’occasion de souhaiter, pour mon anniversaire, de sortir de Loppiano. C’est ainsi que j’ai « dévoyé » tout mon focolare pour assister à une séance de cinéma dans une petite ville voisine.

Autre point douloureux : quand Maras sortait de chez lui, aussitôt il était entouré d’une nuée de focolarini, comme des ours attirés par un pot de miel. Je ne comprenais pas cet engouement,  et cela me culpabilisait car je me demandais si j’étais normal.

Cela me tracassait et me motiva pour prendre rendez-vous avec Maras ; qui a aussitôt accédé à ma demande. Comme un autre français venait de quitter Loppiano, ne se sentant pas à l’aise, il me demanda de suite si, moi aussi, je voulais partir.

Je l’ai rassuré de ce côté là car cela ne m’avait pas effleuré. Puis je lui ai fait part de mon tracas.

Il me regarde et me demande : « Comment cela se passe-t-il dans ton focolare ? Est-ce que tu penses que vous êtes en harmonie? »

Je fus surpris par sa question mais répondit que oui. Alors il me rassura, me disant que c’était là la seule chose indispensable, tout le reste n’étant pas important.

Petit à petit j’ai trouvé ma place et, étrangement, je sentis une très grande proximité avec Maras, alors que je ne cherchais pas du tout à courir derrière lui.

Un jour j’ai ouvert la porte d’une salle. Maras était là avec d’autres personnes. Il me regarda et je ressentis quelque chose d’indéfinissable qui me liait avec lui.

Une autre fois, lors d’une messe dans la salle de Campogiallo, Maras célébrait. Lors de la distribution de l’Eucharistie, un autre prêtre était là pour l’aider. Ce deuxième prêtre était de mon côté de distribution (j’étais loin de Maras). J’étais stupéfait de ressentir, au fond de moi, un besoin impérieux de recevoir l’Eucharistie des mains de Maras. Cela n’avait aucun sens, c’était quelque chose de puéril mais pourtant bien réel.

De fait, le prêtre de mon côté s’est retrouvé sans hostie et c’est bien Maras qui est venu vers moi pour me la donner. Il m’a fallu 45 ans pour raconter cet épisode pour la première fois. C’était insignifiant et grandiose à la fois.

A un autre moment, lors d’un pèlerinage de tout le cours, au Monte Senario,  non loin de Loppiano, nous nous sommes retrouvés à l’intérieur d’une hôtellerie avec un accès par un escalier. Maras se trouvait en haut lorsqu’un employé de l’hôtellerie le croisa. Ce dernier vit la porte d’entrée, en bas, à côté de moi, grande ouverte. Il hurla (le mot n’est pas trop fort) de la fermer. Je sentis le regard de Maras sur moi et je fus surpris de ma réaction de prendre la poignée de la porte avec une très grande délicatesse et de la fermer comme si j’effectuais un rite sacré alors que je n’y étais pour rien dans cette situation.

C’était lors de la deuxième année de nos cours que la maman de Maras, Albertina, tomba malade et fut hospitalisée à Florence. Pendant plusieurs semaines, voire plusieurs mois, Maras privilégia d’être au chevet de sa mère et nous le vîmes plus que très rarement.

Après le décès d’Albertina et son enterrement qui a eu lieu à Loppiano, Maras a tenu à se rattraper et  se rendit très présent.

ermitage de saint Nicolas de Flue

ermitage de Saint Nicolas de Flue

Il organisa un voyage de fin de cours qui nous amena à Trente, dans les Dolomites, à Einsiedeln (Suisse), à l’ermitage de saint Nicolas de Flue, puis à Turin. Avant de quitter la Suisse nous nous sommes retrouvés dans un local où Maras à tenu à passer un moment avec nous dans ce que nous appelons « l’heure de vérité ».

Ce fut un moment très spécial. C’était une heure de vérité à sens unique car c’est Maras qui s’adressait à chacun de nous pour nous dire ce qu’il ressentait.

Moment très dur pour ce qui me concerne car il démarra avec une série de purgatoires. Je me mettais à la place des personnes concernées et cela m’effrayait. Je me disais que s’il me disait la même chose j’aurais du mal à m’en remettre. Particularité de ces personnes : elles faisaient toutes parties de son « fan club ».

Puis j’entendis qu’il prononçait mon nom. Le sol s’ouvrait sous mes pieds et je m’attendais au pire. C’est pourquoi j’ai eu du mal à comprendre la suite, car en fait, c’était son premier « paradis ». Il me donnait en exemple de celui qui ne courait jamais derrière lui mais qui vivait tout simplement l’Idéal. D’autres paradis prirent la suite.

Ce voyage a laissé en tous une empreinte indélébile. Une vidéo tournée pendant ces journées montrait des visages resplendissants, signes de l’intensité, de l’unité qu nous avons pu vivre entre nous.

Il n’est pas inutile de conclure que la majorité des personnes de ce cours (’71-’72), depuis un peu plus de deux ans, a repris contact de façon permanente via des mails qui circulent entre nous sur internet, qui nous situent aux quatre coins de la planète. Comme quoi Maras continue son travail de formateur.

Paul WIRTH

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